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« Espoir en tête » soutient la recherche sur le cerveau au LCSB

  • Luxembourg Centre for Systems Biomedicine (LCSB)
    11 mars 2026
  • Catégorie
    Recherche, Relations avec le public
  • Thème
    Sciences de la vie & médecine

Les fonds collectés lors de l’édition 2025 d’Espoir en tête ont été attribués à deux projets de recherche menés par des chercheurs du LCSB. Cette initiative des Rotary Clubs du Luxembourg soutient la recherche sur le cerveau depuis son lancement en 2013. Cette fois-ci, les projets sélectionnés portent sur la médecine de précision pour la maladie de Parkinson et sur le rôle de molécules produites par le microbiote intestinal dans la neurodégénérescence. Ils ont été présentés hier lors d’un événement dédié, qui a également été l’occasion d’annoncer la prochaine édition d’Espoir en tête.

Explorer les mécanismes reliant microbes et neurodégénérescence

Les travaux de recherche menés par l’équipe Systems Ecology au LCSB, en collaboration avec le professeur Ami Bhatt de l’université de Stanford, ont récemment permis d’identifier une nouvelle classe de petites protéines sécrétées par les microbes de la flore intestinale. Celles-ci peuvent provoquer l’agrégation de protéines humaines et ainsi contribuer à la neurodégénérescence. Le projet soutenu par « Espoir en tête » a reçu 25 000 € pour étudier plus en détails le rôle que ces molécules dérivées du microbiote jouent dans la maladie de Parkinson. Il s’appuie sur une méthode brevetée, développée par l’équipe pour identifier les molécules les plus intéressantes, et va de pair avec une bourse « Proof of Concept » récemment accordée par le Conseil européen de la recherche pour évaluer si ces molécules pourraient servir de biomarqueurs précoces pour la maladie de Parkinson.

« En 2024, le soutien d’Espoir en tête nous a permis de générer des données préliminaires et d’explorer cette nouvelle voie. Aujourd’hui, forts des résultats encourageants obtenus et grâce à ce soutien renouvelé, nous pouvons aller plus loin », explique le professeur Paul Wilmes, responsable de l’équipe Systems Ecology. « Nous allons examiner des cellules nerveuses spécifiques afin de comprendre si les petites protéines que nous avons découvertes peuvent déclencher des processus menant à la maladie de Parkinson ou à d’autres maladies. Si notre hypothèse est correcte, ce projet pourrait déboucher sur des moyens de diagnostic ou de traitement totalement nouveaux. »

Identifier des sous-groupes de patients pour une médecine de précision

Un deuxième projet, mené par Iñigo Yoldi Bergua et le professeur Rejko Krüger, a également reçu une subvention de 25 000 €. Son objectif : identifier des patients atteints de la maladie de Parkinson qui présentent les mêmes mécanismes pathologiques et pourraient bénéficier d’une stratégie thérapeutique spécifique. Les chercheurs de l’équipe Translational Neuroscience du LCSB ont récemment découvert que certains patients présentent plusieurs modifications au niveau de gènes codant pour les lysosomes, des petites structures essentielles pour la dégradation des protéines au sein des cellules. Leur projet vise à confirmer que l’accumulation de ces variants génétiques altère le fonctionnement des neurones et contribue à la maladie de Parkinson. Une classification des patients basée sur ce type d’information génétique pourrait ainsi s’avérer utile pour développer des stratégies thérapeutiques sur mesure, notamment en facilitant la conduite d’essais cliniques pour des traitements ciblant les lysosomes.

« Le soutien apporté par Espoir en tête nous aide à transformer les découvertes scientifiques en progrès concrets pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson », souligne le professeur Rejko Krüger, responsable de l’équipe Translational Neuroscience. « Notre projet cherche à identifier des sortes d’empreintes génétiques qui peuvent ensuite être utilisées pour former des sous-groupes de patients partageant des causes moléculaires communes. C’est une étape importante pour aller vers des traitements plus ciblés et mettre en place une médecine de précision. »

« Espoir en tête », un rôle de catalyseur pour la recherche au Luxembourg

Portée par les Rotary Clubs du Luxembourg, l’initiative « Espoir en tête » invite le public à assister à la première d’un film tout en soutenant la recherche sur les maladies du cerveau. Depuis son lancement au Luxembourg, elle a permis de récolter plus de 733 000 €, finançant ainsi 22 projets de recherche. Les fonds récoltés ont contribué à de nombreuses carrières scientifiques et ont financé des études pilotes et des projets exploratoires, débouchant souvent sur des subventions plus importantes et des publications scientifiques. « Au cours de la dernière décennie, cette initiative a aidé des jeunes scientifiques et des équipes de l’université à se développer, » souligne Philippe Lamesch, responsable du mécénat. « Nous sommes extrêmement reconnaissants du soutien que les chercheurs ont reçu de la part du Rotary depuis que Norbert Friob a lancé Espoir en tête, en faisant rapidement une institution au Luxembourg. Il s’agit d’une initiative exemplaire qui démontre que philanthropie et recherche scientifique peuvent aller de pair. »

Un événement organisé le 10 mars a été l’occasion de présenter les projets soutenus par « Espoir en tête » et de discuter de l’importance de financer la recherche. C’était également le moment idéal pour annoncer la prochaine édition : en 2026, « Allez Hëpp Hopp Hopp ! », un film d’animation principalement produit au Luxembourg, sortira en avant-première le 19 avril dans les cinémas Kinepolis de Kirchberg et Belval. Pour chaque billet vendu, 8 € seront reversés à la recherche au Luxembourg. Achetez votre billet dès maintenant >>

Photos par Vic Fischbach Photographie