Adriana, Elisabeth, Augusta, Sandra, Marie José et Teresa ont quitté soit le Portugal soit le Cap-Vert entre 1970 et 2010 pour s’installer à Esch-sur-Alzette, ville sidérurgique du sud du Luxembourg. Comment y ont-elles été accueillies ? Comment s’y sont-elles installées ? Quelles difficultés ont-elles rencontrées ? Y ont-elles finalement pris racine ?
En 2024, sous l’égide du projet PHACS, dirigé par prof. Thomas Cauvin, la chercheuse Myriam Dalal est allée à la rencontre de grands-mères lusophones pour recueillir leurs témoignages. De là est né le projet « LOVÓ », qui combine les mots « love » (en anglais) et « avó » (grand-mère en portugais).
Après avoir présenté le projet au public luxembourgeois durant la Biennale Culturelle à Esch en septembre 2024, Dalal a aussi collaboré avec les artistes d’animation Romy Matar et Kareem Soltan pour mettre en lumière les expériences et les mémoires de ces grands-mères à travers six courts films. L’histoire de l’immigration lusophone au Luxembourg s’enrichit ainsi des voix de ces porteuses de patrimoine immatériel, qui valorisent également la diversité d’Esch-sur-Alzette en donnant une place centrale aux histoires et matrimoines des communautés migrantes.
Ces vidéos sont basées sur les entretiens d’histoire orale que Dalal a enregistrés avec les grands-mères en portugais. Les entretiens ont été menés en langue portugaise grâce à Natália Gonçalves et Marianna Tavares. Les traductions et transcriptions ont été rendues possibles grâce à l’assistance de Tatiana Martins et Olivia Pires Coelho.
1. Adriana: “La famille, c’est tout pour moi”
« Je suis arrivée pour la première fois à Esch-sur-Alzette le 12 avril 1972. Il neigeait ce jour-là, ce qui était une grande nouveauté pour nous. J’avais 11 ans à mon arrivée. » nous a raconté Adriana durant l’entretien, non sans une certaine émotion dans la voix.
Auteur(s)
Myriam Dalal